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BMW Z8

Publié le 10 mars 2023
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Texte : Sebastien MorandPhotos : Thomas Chatton
 

Roadster au charme exceptionnel, considérée comme véritable reine de beauté à l’unanimité, c’est avec un immense plaisir que Timeless Addict vous propose aujourd’hui l’essai de la BMW Z8. Digne descendante de l’exceptionnelle 507, cette Z8 se profile à mes yeux comme la plus belle voiture du début des années 2000 et probablement l’une des plus belles BMW de tous les temps. Est-ce que le ramage est à la hauteur du plumage, nous allons le découvrir.

 

Il y a quelques semaines, à l’aube du dernier jour de 2022, en conclusion de mon article sur la M3 (E30), j’écrivais qu’il faudrait assurer pour continuer la belle lignée d’essais BMW et je citais quelques modèles. Finalement, on est au début de l’année 2023 et c’est quand même pas mal de déjà pouvoir vous proposer un reportage sur la sublimissime Z8, non ?

 

Cette auto est connue de beaucoup, notamment pour son apparition dans le 19ème opus de la saga cinématographique James Bond « The World Is Not Enough » ; pourtant on n’y pense pas souvent lorsqu’on parle d’automobile. Sa beauté sans faute se mélange donc à une relative discrétion alors qu’il y a quand même eu 5’703 unités produites entre 2000 et 2003. Ses origines allemandes et la teinte gris métallisé qu’elle arbore le plus souvent jouent peut-être un rôle. Cependant, à la simple évocation de son nom Z8, les yeux de bon nombre de gens se mettent à briller, les miens pour commencer !

 

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Tout a commencé en 1997, lorsque BMW présente au Salon de Tokyo le concept car Z07 en hommage à la 507. Ce roadster du milieu des années 50 avait été lancé pour concurrencer les légendaires Mercedes SL. Le succès escompté ne s’est pas produit et la 507 demeure un échec pour le constructeur bavarois. Seuls 254 exemplaires ont été vendus et aujourd’hui, c’est devenu un mythe. A mes yeux, c’est la plus belle BMW jamais produite. Ça fait partie des autos que j’aimerais vraiment pouvoir vous proposer sur Timeless Addict, je croise les doigts.

Comme la Z07 suscite bon nombre de réactions très positives, BMW décide de transformer l’essai et c’est ainsi que la Z8 voit le jour en 2000. Plus précisément, elle est dévoilée en première mondiale lors du Salon de Francfort 1999. Personnellement, j’avais totalement oublié cette Z07 avant d’écrire cet article et je pense que c’est le cas de beaucoup tant la Z8 a ensuite marqué les esprits. Alors que la Z07 avait été présentée en deux versions Coupé et Roadster, c’est uniquement le Roadster qui est retenu pour la Z8. Le dessin est quasiment identique, le plus gros changement étant la disparition du bossage derrière le siège conducteur, rappelant l’esprit d’une Jaguar Type D. Assez logique, il fallait intégrer une capote qui n’existait pas sur le concept car.

 

En termes de lignes, cette Z8 est pour moi une réussite à tout point de vue. A cette époque, le département design de BMW était dirigé par Chris Bangle, plutôt controversé par les passionnés de la marque. Mais la carrosserie de la Z8 a été dessinée par Henrik Fisker qui, quelques années plus tard, dessinera l’Aston Martin V8 Vantage, une autre réussite esthétique. L’intérieur est l’œuvre de Scotty Lempert mais j’y reviens dans un moment.

Pendant mon essai, j’ai passé de longues minutes à tourner autour de la voiture pour voir si quelque chose dénotait. Mais non, strictement rien ne m’est apparu comme faux ou mal dessiné. En discutant de la Z8 avec différentes personnes, les constatations sont les mêmes, elle est belle à tout point de vue.

Sa robe allie élégance et dynamisme, c’est un pur produit de designer, sans aucune contrainte fonctionnelle ou pratique qui entache son apparence. La calandre arbore fièrement les haricots typiques de la marque et donne à l’avant un look de gueule de requin, à l’instar d’une Corvette C2 Stingray. Un long capot, des ailes sculptées légèrement bodybuildées mais pas trop, pour éviter de basculer dans l’extravagance inutile, et un arrière qui se termine en goutte d’eau, tout est parfaitement proportionné. L’auto affiche une certaine largeur, avec des galbes généreux, mais l’ensemble est relativement compact.

Coup de cœur pour les ouïes latérales qui intègrent à la perfection le clignotant et qui s’inspirent directement de celles qu’on retrouve sur une 507. Autre détail magnifique, la finesse des feux arrière xénon, une prouesse technologique au début des années 2000.

Dans l’absolu, il n’est pas vraiment nécessaire de trouver les mots pour décrire cette Z8 tant il suffit d’un coup d’œil dans sa direction pour tomber sous le charme. Elle représente aussi un esprit néo-rétro très avant-gardiste pour l’époque et conserve un look totalement intemporel. Quelques détails, comme les phares avant, permettent de dater l’auto mais sans cela, elle pourrait parfaitement débarquer sur nos routes aujourd’hui sans que cela ne choque personne.

A noter que toute la carrosserie est en aluminium, tout comme la plateforme de l’auto. La quasi-totalité des éléments ont été conçus pour la Z8 et ne proviennent pas d’un autre modèle existant. C’est pour cela que l’auto a couté très cher à BMW mais c’est aussi ce qui a permis de réaliser ce véritable chef d’œuvre.

 

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Même constatation au moment de s’installer à bord, tout est spécifique à la Z8, sauf peut-être le pommeau du levier de vitesse. Mais les commodos, les boutons, vraiment tout le reste a été pensé pour la Z8. J’aime tout particulièrement le volant, avec ces triples fines branches, qui me fait penser à ceux des voitures d’avant-guerre.

Autre particularité, la disposition de l’ensemble compteurs au centre du tableau de bord. N’y voyez pas là une facilité pour réaliser des modèles conduite à gauche ou à droite car les différents cadrans sont orientés en direction du poste de pilotage. C’est plus un clin d’œil esthétique à ce qui se faisait dans certaines sportives des années 50/60.

Tout comme pour le design extérieur, cet habitable est pur et élégant, réduisant au strict nécessaire les fioritures.

La Z8 dispose également d’un coffre généreux qui confirme sa vocation GT. Cela se retrouve dans le feeling de conduite. Toujours dans cet esprit, les assises sont très confortables et comme on peut l’attendre d’une telle auto, il est facile d’avaler les kilomètres à son volant.

 

Pour animer cette Z8, les ingénieurs BMW lui ont greffé une mécanique à la hauteur de sa prestance. Il s’agit du V8 4.9 l de la M5 E39 qui développe 400 ch à 6’000 t/min pour un couple de 520 Nm à 3’800 t/min. Il est couplé à une excellente boite manuelle Getrag à 6 rapports qui, en tout logique, transmet cette cavalerie uniquement aux roues arrière. Point de boite automatique sur la Z8 « normale » mais c’est le cas sur la déclinaison Alpina qui était proposée uniquement avec cette transmission.

Ce V8 ronronne parfaitement et distille une sonorité pure, à l’image de la Z8. Personnellement, je le trouve un peu trop feutré et j’aurais aimé légèrement plus de bestialité. Sur le papier et en admirant la Z8, je me la représente un peu comme une Cobra des temps modernes. Toutefois, dans les faits, son tempérament n’est pas aussi endiablé que la mythique américano-anglaise.

 

Je tourne la clé de contact et j’appuie sur le bouton Start. Le moteur s’ébroue en douceur, dans une mélodie relativement discrète. Confortablement installé au volant, j’oublie rapidement à quel point l’apparence de notre Z8 est exceptionnelle. En effet, dès les premiers kilomètres, je ne peux que constater la grande facilité de prise en main. Je répète ce que j’ai dû mentionner dans tous mes précédents essais BMW mais encore une fois, l’excellence du travail des ingénieurs se ressent dans la perfection du feeling de conduite. Reste que pour une auto si particulière, je m’attendais peut-être à un peu plus de singularité.

A part la direction qui est plutôt virile, le reste des commandes et en particulier l’embrayage sont très faciles à exploiter. En fait, la volupté et l’élégance des lignes de cette Z8 se retrouvent dans sa conduite. Malgré 400 chevaux sous le capot, je n’ai pas vraiment envie d’attaquer et c’est plutôt un rythme impérial qui s’impose à moi, faisant de l’expérience un moment de sérénité et de calme. Coup de chance pour notre essai, alors que nous sommes début janvier, il fait beau et pas trop froid. C’est donc logique de laisser le hardtop (en série sur la voiture) au garage et de partir cheveux au vent. J’ai quand même parcouru quelques kilomètres avec la capote et elle s’avère très bien isolée à tout point de vue, confirmant qu’il serait parfaitement envisageable de rouler cette Z8 au quotidien.

En effet, la souplesse du moteur, la douceur de l’embrayage et le confort à bord forment un ensemble qui invite à avaler les kilomètres. Que ce soit pour le plaisir d’une balade ou pour un déplacement purement usuel, la Z8 répond présent.

J’augmente le rythme sur un tracé un peu plus sinueux et c’est avec émerveillement que je découvre un comportement routier exemplaire. Grâce à son châssis en aluminium, la voiture, qui affiche quand même un peu plus de 1’500 kg sur la balance, avale les courbes sans rechigner et sans aucune prise de roulis. Le train avant est précis et c’est un régal d’enchainer les virages tout en bénéficiant des bonnes relances du V8. Car même s’il semble plutôt calme de par sa sonorité feutrée, la puissance est bien au rendez-vous ; si on écrase l’accélérateur, le paysage commence à défiler très rapidement.

L’auto dispose d’un mode Sport qui ne modifie pas la musique à l’échappement mais uniquement la réactivité de la pédale des gaz. Ça se ressent mais globalement, ça n’apporte pas grand-chose vu l’auto qui invite avant tout à une conduite plutôt cool.

 

Top model de l’automobile, cette BMW Z8 traverse les années sans prendre une ride. Sa ligne est parfaite à tout point de vue et tout collectionneur qui se respecte devrait avoir une Z8 dans son cheptel. Toutefois, pour un prix actuel avoisinant les CHF 200’000.-, je ne suis pas sûr que ce soit la première voiture vers laquelle je me dirigerais. En même temps, chaque fois que je regarde les photos, mes yeux se mettent à briller et je repense à cette très belle rencontre.

La Z8 est clairement une licorne de l’automobile et le restera pour toujours, comme sa sculpturale ancêtre la 507 et bien d’autres modèles BMW. Mais elle offre également la possibilité d’être exploitée au quotidien, ce qui est assez rare pour une voiture si désirable. Heureusement, le dilemme ne se pose pas pour moi mais si cela vous intéresse, sachez que notre exemplaire d’essai est disponible à la vente chez Cars for Drivers. Le risque d’un tel investissement est plutôt faible, cette Z8 restera pour toujours un modèle phare du constructeur bavarois.

 

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Nos remerciements à Cars for Drivers Geneva pour la mise à disposition de cette magnifique BMW Z8.

 
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Jérôme Courville

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